Ensemble pour le developpement des populations

LES ORGANISATIONS DES TRAVAILLEURS FACE AUX ENJEUX DU DIALOGUE SOCIAL ET DE LA PROMOTION DU DEVELOPPEMENT AU TOGO

L’ONG « Vision Développement » a organisé avec le concours financier de la FES un atelier national sur le thème : « Les organisations des travailleurs face aux enjeux du dialogue social et de la promotion du développement au Togo »
L’atelier est une initiative pour ramener la cohésion et l’unité d’action au sein des organisations syndicales togolaises. L’atelier a connu la participation de 32 Responsables syndicaux de 6 centrales à savoir :

  • - Confédération Générale de Cadres du Togo (CGCT)
  • - Confédération Nationale des Travailleurs du Togo (CNTT)
  • - Groupe des Syndicats Autonomes (GSA)
  • - Union Générale des Syndicats Libres (UGSL)
  • - Union Nationale des Syndicats Indépendants (UNSIT)
  • - Synergie des Travailleurs du Togo (STT)

Les activités ont été menées de façon interactive pour favoriser la contribution des participants, enrichir les discussions, harmoniser les points de vue et cerner les défis en matière d’action syndicale pour un développement inclusif au Togo. Sous la présidence du Président de l’ONG « Vision Développement » et de F E S, l’encadrement technique des secrétaires généraux des Centrales Syndicales, des personnes ressources, les travaux se sont déroulés dans une ambiance dynamique qui a permis à tous les participants de prendre conscience de leurs responsabilités pour une participation effective au développement inclusif du Togo.

Le présent rapport présente le contexte buts de l’atelier, les objectifs, la synthèse des travaux et la définition d’une feuille de route pour une unité d’action syndicale sur les grands enjeux de revendications syndicales.

I – CONTEXTE ET BUTS DU SÉMINAIRE

Les organisations syndicales sont au cœur de la démocratie et de la gouvernance sociale en Afrique. Elles sont reconnues comme parties prenantes des processus du développement national, de gouvernance économique et de promotion du dialogue social.

En matière de dialogue social, le Togo a connu une avancée avec son institutionnalisation en 2006 par la mise en place du Comité National du Dialogue Social (CNDS) regroupant l’Etat, les syndicats et les employeurs. Trois acquis résultats peuvent signalés à l’actif du CNDS :

  1. la promulgation en décembre 2006 du Code de travail ;
  2. le vote d’un décret en en mars 2007 qui a installé le CNDS, précisé ses principaux domaines d’action (droits des travailleurs et conditions du travail – rémunérations - protection sociale - revendications sectorielles), et énoncé ses 125 recommandations et engagements ;
  3. la signature en décembre 2011 de la Convention collective interprofessionnelle.

Sur le plan économique, depuis 2008, le Togo est en croissance continue avec la réalisation effective d’infrastructures routières et l’expansion des activités portuaires et des services. Malgré cette bonne santé économique, les populations et ménages vivent une dégradation de leur situation socioéconomique. Cela est dû à la baisse de leur pouvoir d’achat consécutive à la hausse des prix des produits de première nécessité, au phénomène de chômage et de sous-emploi qui touche particulièrement les jeunes et les femmes. Cette situation de malaise économique et sociale est à l’origine des tensions sociales des et des mouvements de revendications des travailleurs dans les différents secteurs principalement dans le domaine de la santé et de l’éducation.

C’est pourquoi, malgré l’existence du CNDS, le mouvement syndical togolais est secoué depuis le début 2013 par une crise profonde découlant des difficultés de la mise en œuvre par le gouvernement de certains engagements, notamment la revalorisation de la grille des salaires des fonctionnaires à la suite de l’adoption du nouveau statut de la Fonction Publique. Cette crise a entrainé une scission dans le paysage syndical ou l’on retrouve aujourd’hui deux entités. Il y a d’un côté, les anciennes centrales (UGSL, UNSIT, CSTT, CNTT, CGCT, GSA) qui, avaient déjà depuis le milieu des années 2000 essayé de s’organiser dans une Intersyndicale des Travailleurs du Togo (ISTT), et qui maintenant tentent de se retrouver au sein d’une nouvelle intersyndicale dénommée Coordination des centrales syndicales du Togo (CCST). De l’autre côté, l’on retrouve la Synergie des travailleurs du Togo (STT) qui regroupe des syndicats dissidents membres des anciennes centrales et de nouveaux syndicats. La STT, depuis février 2015, est devenue la 7ième centrale syndicale du pays.

Aujourd’hui avec ses sept centrales, le mouvement syndical togolais doit faire face à de nombreux défis : tensions entre les syndicats et les travailleurs, faible capacité de mobilisation des membres dans certains syndicats, émiettement du mouvement syndical, manque de cohésion, faiblesse de l’unité d’action syndicale, méfiance du politique vis-à-vis des syndicats, insuffisance d’expertise en matière d’action syndicale dans le domaine économique socioéconomique et syndical, prolifération des organisations syndicales.

Ces défis nuisent gravement à la réelle implication des organisations syndicales du Togo dans les prises de décisions concernant les processus de dialogue social, le développement économique et social et limitent fortement l’action syndicale dans les processus de dialogue social et de promotion de développement au Togo. Quels outils faut-il mettre en place et à la disposition des acteurs syndicaux du pays pour conforter une culture de dialogue social et de paix sociale, facteurs décisifs du progrès social? Sommaire

II – OBJECTIFS DU SÉMINAIRE

D’une manière générale ce séminaire de formation permettra aux organisations des travailleurs du Togo d’être mieux outillés pour participer activement au processus de dialogue social dans le cadre des consultations nationales en lien les améliorations des conditions de travail et la promotion du développement économique et social du pays. De manière spécifique, il permettra de réaliser les quatre objectifs suivants :

  • i. Informer et sensibiliser les responsables et cadres syndicaux du pays sur les responsabilités des différents acteurs pour la promotion du dialogue social et de la paix sociale au Togo ;
  • ii. Sensibiliser les responsables et acteurs syndicaux à la nécessité et à l’intérêt de l’analyse budgétaire pour l’action syndicale et leur permettre de réaliser une analyse du budget de l’Etat;
  • iii. Outiller suffisamment les organisations syndicales pour mener l’action syndicale dans le cadre du dialogue social pour l’amélioration des conditions des travailleurs et de la promotion du travail décent, et dans l’optique de l’unité d’action syndicale ;
  • iv. Dégager une feuille de route pour renforcer l’unité d’action syndicale au Togo et la promotion de la paix sociale et du développement au Togo.
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III – SYNTHÈSE DES TRAVAUX

Cérémonie d’ouverture

La cérémonie d’ouverture a été simple. Elle a été ponctuée par trois allocutions : Président de l’ONG « Vision Développement » ; la Représentante de FES et le porte-parole de la Coordination des Centrales Syndicales du Togo.

Dans son mot d’ouverture, le Président de l’ONG Vision Développement, Monsieur Adrien BELEKI AKOUETE, a insisté sur les difficultés du pluralisme syndical qui doit être source d’émulation et non de conflits internes, l’unité d’action syndicale qui demeure la seule voie de dialogue et de revendication dans le contexte du pluralisme syndical.

De son côté, la Représentante de FES, Madame NOURATOU ZATO, a fait un peu d’historique sur le rôle que le mouvement syndical africain a joué pour la liberté et l’indépendance des pays africains et surtout la lutte pour le processus de démocratisation du continent. Elle a souligné le fait que le syndicalisme est émietté et ne constitue plus aujourd’hui une force de propositions alternatives. Elle a enfin invité les Centrales à se surpasser pour se donner les moyens de la lutte qui doit aboutir aux mieux êtres des travailleurs.

Enfin, le porte-parole des Centrales Syndicales,Monsieur KOKOU HLOMADOR, a demandé à toutes les centrales d’avoir l’esprit d’unité d’action dans un souci de tolérance mutuelle. Une photo de famille a clôturé la cérémonie. Sommaire

Communication

Après cette brève cérémonie d’ouverture, la première communication a eu lieu. Elle a porté sur « LE RÔLE DES ORGANISATIONS DES TRAVAILLEURS DANS LE DÉVELOPPEMENT INCLUSIF AU TOGO » et est animée par deux Enseignants-chercheurs en Economie Mawuli COUCHORO et Kouglo LAWSON-BODY.
Dans un panel, Les deux panélistes ont insisté sur la formulation, l’exécution d’un budget en passant par les conditions et les critères de convergence des institutions sous-régionales A la fin de la présentation, dans un esprit interactif, des questions et des contributions ont été faites par les participants.

A la conclusion de cette première communication, il a été ressorti qu’un autre atelier se fasse uniquement afin que la thématique soit approfondie et aller dans les détails.

Après la pause-café, l’atelier a connu la présentation du second sous-thème : « Action Syndicale et Développement national »

Dans une brillante et cohérente improvisation, Nadim Michel Kalife, Economiste, Enseignant-Chercheur et Opérateur Economique a insisté sur les points suivants :

  • Etre ensemble pour constituer une force
  • Disposer d’expertise en économie, en Sociologie, en Droit
  • Lutte pour la participation effective des acteurs syndicaux dans la définition de toute politique de développement
  • Insister sur la mise en place d’une couverture assurance-maladie pour tous et surtout pour les paysans et les informels
  • Insister sur la mise en place du Conseil Economique et Social, etc.

A la suite de cette présentation, un débat enrichissant a eu lieu et à conduit à la pause-déjeuner.

L’après-midi de cette première journée a été consacré aux travaux de groupe. Deux groupes ont été sur les deux sous-thèmes de l’avant midi. Les rapports de ces deux groupes sont joints à ce rapport général.

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Au deuxième jour de cet atelier, les communications ont porté essentiellement sur Le dialogue social et les techniques de négociation.

Pour Kondé SANGNANA, Président du Conseil National du Dialogue Social, tout dialogue aboutit à un consensus. Ce qui veut dire que chaque parti doit faire des concessions dans ses propositions pour faire avancer l’entreprise. Il est donc clair que les partenaires au développement doivent avoir à l’esprit que chaque partenaire à son rôle à jouer dans le respect de l’autre.

Enfin, la deuxième communication a porté sur « LES TECHNIQUES DE NÉGOCIATION », le présentateur a mis l’accent sur les fausses et vraies négociations. Sur les fausses négociations, il dit qu’elles n’aboutissent jamais à des résultats et traînent pour fatiguer les syndicats. Or les vraies négociations portent sur des propositions, conseils et donnent des résultats qui satisfassent les deux parties. Pour ces raisons, les organisations syndicales doivent se professionnaliser, disposer des ressources humaines adéquates pour affronter les débats.

Enfin, un débat a eu lieu autour de la définition de la feuille de route pour une unité d’action syndicale. D’arguments et de contre arguments, deux propositions ont été retenues :

  1. Lancer un appel à l’unité d’action
  2. Se retrouver après discussion dans les bases respectives pour définir les grandes lignes de la feuille de route.

On peut noter que depuis février 2015, cet atelier a réuni la Coordination des Centrales Syndicales et la Synergie de Travailleurs du Togo. Ce qui constitue une réussite de cet atelier.

V – CLOTURE DE LA SESSION

La clôture a été très sobre. Elle a soutenue par deux allocutions improvisées par le porte-parole des centrales et le Président de l’ONG Vision Développement. Ces derniers ont remercié les partenaires. Ils ont demandé à ce que les sessions de renforcement des capacités se poursuivent par des thèmes technique afin de les outiller pour le dialogue social

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